HDR … Pourquoi ? Comment ?

Un article sur une technique photo que j’apprécie particulièrement. Le HDR (High Dynamic Range) qu’est ce donc, à quoi ça sert et comment l’utiliser ?

Quoi-t-est ce ?

D’abord, qu’est ce que le HDR ? HDR signifie High Dynamic Range. Concrètement, il s’agit de palier le fait que les capteurs de nos appareils photo ont tendance à avoir une dynamique inférieure à celle de nos yeux, où plutôt à ne pas être aussi doués que nos cerveaux pour reconstruire des images à large dynamique.

Ce que l’on appelle large dynamique, c’est l’espace de luminosité allant de la partie la plus claire de la scène que vous observez, à la plus sombre. Si vous avez déjà été déçus de vos photos d’intérieur, de sortie de tunnel, de pièces avec des fenêtres, de pièces illuminées via des vitraux, etc … Vous voyez de quoi je veux parler. Notre cerveau reconstruit la scène à partir des données envoyées par nos yeux pour fournir une image correctement exposée, globalement.

Ce n’est malheureusement pas le cas de tous nos appareils pour l’instant.

En clair, lorsque la dynamique est plus large que celle que peut gérer le capteur de l’appareil, on se retrouve soit avec du grain dans les ombres, voire des noirs totalement bouchés, soit avec des blancs brûlés.

En exemple sur les photos ci-dessous, on se rend compte dans le premier cas que l’on a bien le détail de la pièce mais que l’on ne distingue pas du tout les dessins des vitraux. On a en outre des halos désagréables autour des ouvertures. Sur la troisième, on distingue bien les détails des vitraux mais on ne sais plus rien de la pièce dans laquelle on est. La photo centrale cumule les défauts des 2. C’est trop sombre pour les détails de la pièce et les dessins des vitraux sont gâchés par une surexposition.

La technique du HDR consiste à aller chercher les détails clairs dans l’image sombre et les détails sombres dans l’image claire, en se servant de l’image médiane pour garder une idée de l’exposition globale.

On arrive ainsi à une photo ou l’ensemble est à peu près correctement exposé et discernable.

La technique est à utiliser dès que vous sentez (à l’expérience) ou constatez en visualisant vos prises de vues que vous perdez du détail dans les parties claires ou sombres de vos photos.

Comment ?

Pour garder le meilleur du sombre et du clair, il vous faut faire plusieurs photos. La plupart des appareils proposent la possibilité de faire du bracketing, c’est à dire faire plusieurs photos en rafale (ou non) à différentes expositions d’une même scène. Je vous renvoie à votre manuel d’utilisation pour voir comment faire 🙂 Bref, en gros, on se met en mode A, de préférence sur trépied, on configure son bracketing sur -1/0/+1, +2/0/+2, -2/-1/0/+1/+2, -2/-1/0, 0/+1/+2 selon les cas. Le tout étant de réussir à avoir une série de photos dans laquelle rien n’est brûlé dans la plus sombre et ou rien n’est bouché dans la plus claire.

Reste ensuite à assembler les différentes prises pour séparer le bon grain de l’ivraie et ne conserver de chacune que la substantifique moelle comme disait si bien ce bon monsieur Rabelais !

Pour l’assemblage, plusieurs solutions s’offrent à vous :

  • Dans Lightroom, vous pouvez sélectionner les différentes prises, puis, d’un clic droit choisir Fusion > HDR
  • Utiliser Nix HDR Efex Pro (gratuit) – Disponible via le menu contextuel « Exporter » dans Lightroom
  • Utiliser la fusion HDR intégrée à Photoshop
  • Charger vos différentes prises dans des calques et modifier vous mêmes les masques de chacun pour révéler les détails sur la fusion finale.

A titre personnel, j’utilise le plus souvent la fusion intégrée à Lightroom, qui permet d’obtenir un RAW en sortie, mais pour des effets plus « appuyés », Nix HDR Efex Pro est assez complet. La gestion des calques dans un logiciel comme Photoshop ou GIMP permet le rendu le plus personnalisé mais nécessite beaucoup plus de temps.

Bien sûr vos différentes prises devront au préalable être alignées et débarrassées des images fantômes (si un élément de la scène à bougé entre les prises, comme un piéton par exemple).

Ensuite, c’est à vous de décider si vous voulez charger l’effet ou rester naturel. Pour cela, tout est affaire de goût et d’expérience.

Pourquoi ?

Finalement, le HDR vous permet :

  • De récupérer des ombres bouchées
  • De récupérer des zones claires brûlées
  • De supprimer le grain dans les zones sombres d’un image claire
  • De sauver les détails d’une scène malgré un contre jour absolument contre nature
  • D’ajouter de la structure à vos scènes (fonctionne particulièrement bien sur les scènes nuageuses)
  • De faire vraiment du gros n’importe quoi dont vous aurez honte plus tard, mais sur le coup, ça paraît une bonne idée :/

Galerie

Pour terminer, quelques exemples de ce à quoi j’ai utilisé le HDR ces derniers mois !

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